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10 novembre 2008

En librairie le 28 novembre. Slavoj Zizek : Organes sans corps

En engageant la pensée deleuzienne en territoire philosophique « ennemi », en la confrontant à celles de Lacan et de Hegel, Slavoj Žižek s’efforce de penser Deleuze – et de penser avec lui – hors des sentiers battus. S’appuyant comme à son habitude sur l’analyse d’objets culturels en apparence hétérogènes, de Hitchcock à Fightclub en passant par la théorie psychanalytique, Žižek détourne la pensée deleuzienne et expose une ligne de divergence qui traverse la pensée critique contemporaine : peut-on ne pas être spinoziste aujourd’hui ?

Ce faisant, il propose à ses lecteurs une manière inédite d’appréhender les termes du débat contemporain sur la mondialisation, la (dé-)démocratisation et la « guerre contre le terrorisme ». Il définit par là ce qui constituerait, selon lui, un acte véritablement politique en ces temps obscurs.

En librairie le 14 novembre 2008. Chantal Jaquet, Pascal Sévérac et Ariel Suhamy : La Multitude libre


Relégué pendant longtemps à l’arrière-plan, au profit de l’Éthique et du Traité théologico-politique, le Traité politique est aujourd’hui au coeur des études spinozistes. Son originalité tient en particulier à l’apparition de l’énigma-tique concept de "multitude libre", qui se substitue à la théorie du contrat et sert aujourd’hui de référence centrale à un certain nombre de penseurs contemporains, tel Antonio Negri ou Étienne Balibar. Ce nouveau concept permet de penser autrement le problème de la constitution de l’État, de sa production et de sa reproduction à travers la seule logique des affects. Le présent ouvrage fait le point sur les recherches actuelles autour du Traité politique, de la traduction de ses principaux concepts à ses usages possibles pour concevoir le pouvoir et l’émancipation politiques aujourd’hui.


Avec la participation de : Laurent Bove, Paolo Cristofolini, Nicolas Israël, Chantal Jaquet, Frédéric Lordon, André Martins, Alexandre Matheron, Pierre-François Moreau, Vittorio Morfino, Charles Ramond, Pascal Sévérac, Ariel Suhamy et François Zourabichvili.

C. L. R. James : Les Jacobins noirs


Cette remarquable étude sur la seule révolte d’esclaves qui ait réussi est devenu un classique. Elle reste un modèle de recherche historique, fine par son analyse politique des événements, mais aussi passionnante dans leur narration.
En 1791, dans la Caraïbe, l’île de Saint-Domingue, la plus prospère des colonies française et marché important pour le commerce des esclaves, est prise dans l’engrenage de la révolution ; la révolution revue et corrigée par le contexte tropical. Pendant douze ans, les esclaves révoltés vont se dresser contre les maîtres blancs, affronter successivement les armées françaises, espagnoles et anglaises et remporter une victoire décisive sur l’expédition envoyée par Bonaparte en 1803, victoire qui instaurera l’État noir d’Haïti. Toussaint Louverture – lui-même esclave jusqu’à l’âge de 45 ans–, fut le chef de cette gigantesque entreprise. Quel fut le processus qui engendra cette révolution ? Comment produisit-elle ce chef hors du commun et de quelle manière la porta-t-il à son tour jusqu’à sa conclusion triomphale ? Tels sont quelques-uns des thèmes principaux abordés dans ce grand livre.

Peter Linebaugh et Marcus Rediker : L'Hydre aux mille têtes


Si l’on s’intéresse à l’histoire de la mondialisation économique, et plus particulièrement à la manière dont elle s’est déployée dans l’espace atlantique, l’on s’aperçoit que deux figures mystérieuses reviennent avec régularité sous la plume des architectes de l’économie atlantique du xvie siècle au xviiie siècle, qu’ils soient princes, prélats, commerçants ou simples colons : Hercule et l’Hydre au mille têtes.

Hercule symbolise la pérennité de l’ordre social, l’unification des territoires et la force de ces nouveaux conquérants. L’Hydre de Lerne, quant à elle, est son antithèse symbolique, l’agent du désordre et de la sédition qui, pour chaque tête coupée, en fait repoussée dix. En un mot, "les criminels déportés, les péons, les radicaux religieux, les pirates, les travailleurs urbains, les soldats, les marins et les esclaves africains". L’histoire tel qu’on l’a connaît aujourd’hui a bien sûr été écrite du point de vue d’ "Hercule". Les historiens Marcus Rediker et Peter Linebaugh, à la manière d’Howard Zinn et de son Histoire populaire des États-Unis, mettent ici un terme à l’"invisibilité historique" de ce "prolétariat atlantique", cette "classe multi-ethnique qui fut essentiel à l’avènement du capitalisme et à l’ économie globale moderne". À travers 8 chapitres, ils retracent l’histoire des insurrections qui marquèrent les premiers temps du commerce intercontinentale, au delà des frontières nationales, de classes ou de races, et qui trouvèrent leur aboutissement dans les révolutions française, haïtienne et américaine. Ce livre acclamé par la critique lors de sa sortie aux états-Unis est l’un des ouvrages fondateurs de l’histoire atlantique.

Maurizio Lazzarrato : Le Gouvernement des inégalités




Les néolibéraux ont bel et bien une politique sociale. La société est, avec le néolibéralisme comme le keynésianisme, la cible d'une intervention permanente. Ce qui a changé, ce sont les objets et les finalités de cette intervention. Il s'agit d'établir un état d' "égale inégalité" et de "plein emploi précaire". De ce gouvernement par l'inégalité, qui traite chaque individu, chaque travailleur considéré isolément, comme une entreprise, se dégage des peurs différentielles qui touchent tous les segments de la société néolibérale et qui en constituent le fondement affectif.

Parce qu'elle refuse de se confronter aux effets de pouvoir de la protection sociale et ne prétend que défendre les acquis sociaux, la gauche est impuissante face à cette politique. Pour sortir de cette impasse, il lui faut maintenant apprendre à agencer les luttes pour les droits, les luttes sur le terrain de la représentation politique ainsi que les luttes économiques aux luttes pour se gouverner soi-même. Autrement dit, il est urgent d'articuler, au lieu de les opposer, la "critique sociale" et la "critique artiste".

Sociologue indépendant et philosophe, Maurizio Lazzarato vit et travaille à Paris où il poursuit des recherches sur le travail immatériel, l'éclatement du salariat, l'ontologie du travail et les mouvements "post-socialistes". Il a notamment écrit Puissances de l'invention. La psychologie économique de Gabriel Tarde contre l'économie politique (2002) et Intermittents et Précaires (avec Antonella Corsani, 2008).

Stuart Hall : Identités et Cultures (édition augmentée)



Á l’heure où se développent en France les premiers cursus d’études culturelles et où les politiques de l’identité et des représentations suscitent un intérêt croissant, la publication de ce recueil d’articles du sociologue britannique Stuart Hall constitue un détour nécessaire par les origines multiples et complexes de ce champ de réflexion. Intellectuel de renom international, Stuart nous livre ici une généalogie critique des études culturelles de leurs fondements théoriques marxistes et gramscien à leur redéfinition des notions de "culture" et "culture populaire" en passant par leur résistance aux disciplines classiques. Mettant en relief les préoccupations théoriques et politiques majeures des études culturelles, il interroge le concept d’ "identité" et ses déclinaisons (ethnicité, race, classe, genre, sexualité) développant une théorie plaçant la culture au coeur même du processus de formation de l’identité. Les sept articles présentés ici, inédits jusque là en français, constituent dans le monde anglo-saxon des textes classiques qui intéresseront les étudiants et chercheurs travaillant dans le domaine des sciences humaines tout autant que ceux et celles qui souhaitent éclaircir les rapports troubles entre les identités et leurs représentations, les cultures et les politiques qui les traversent.

Cette nouvelle édition augmentéé comportera un certain nombre de nouveaux articles inédits (comme Coding/Decoding), afin de rendre accessible en français, avec Le Populisme autoritaire, l’essentiel des écrits théoriques de Stuart Hall.

Jean Bérard et Gilles Chantraîne : 80 000 détenus en 2017 ?




En juillet 2004, le nombre de personnes incarcérées en France a dépassé 64 000, un chiffre inconnu depuis la Libération. Il s’est depuis stabilisé au-dessus de 60 000 détenus, alors qu’il était de 48 216 en 2001, et de 38 639 en 1980. Ce record a été l’apogée (provisoire ?) d’un mouvement d’inflation carcérale qui, à quelques exceptions près, a marqué avec constance les trois dernières décennies. Il s’agirait alors de montrer à la fois la fonction de parcage de la prison pour des franges croissantes de population durablement écartées du marché du travail, et, plus largement, son rôle disciplinaire vis-à-vis de populations précarisées contraintes sous la menace pénale d’accepter la nouvelle donne sociale. Les États-Unis, avec une "industrie carcérale" florissante et plus de 2 000 000 de détenus, figureraient le sombre avenir de notre système carcéral.
Pourtant, en France, si la population détenue demeure dans son écrasante majorité constituée d’hommes jeunes en situation de grande précarité sociale, les motifs et les durées d’incarcération ont connu de profondes transformations qui mettent à l’épreuve l’univocité des interprétations : stabilisation et fluctuations significatives du nombre d’entrées (à la baisse en 1980 et 2002), augmentation du nombre de personnes suivies en « milieu ouvert » (plus de 120 000 aujourd’hui), allongement de la durée moyenne d’incarcération (de 4 à 8 mois), pourcentage croissant des personnes condamnées pour des atteintes aux personnes (notamment pour des infractions sexuelles), vieillissement de la population carcérale, etc.
Qui va en prison et pour combien de temps ? Qui n’y va plus ou moins et quelles réponses pénales ou non sont apportées à leurs actes ?

02 octobre 2008

Jérôme Vidal : La Fabrique de l'impuissance 1

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Après La Fabrique de l'impuissance 2 (!) :

Jérôme Vidal
La Fabrique de l'impuissance
La gauche, les intellectuels et le libéralisme sécuritaire

Editions Amsterdam, coll. Démocritique
En librairie le 10 octobre 2008

D'un côté, le Parti socialiste au pouvoir s'est fait depuis 1983 l'artisan d'une "modernisation" néolibérale des institutions, alimentant une dérive sécuritaire toujours plus accusée. De l'autre, la "gauche critique" s'est souvent enfermée dans une stratégie de dénonciation du "complot" néolibéral et de défense du compromis social-démocrate hérité de l'après-guerre (1945-1968), défense sans grande efficacité et sans véritable prise sur "les temps nouveaux". Les uns comme les autres ont persisté à analyser les transformations en cours selon des schèmes d'analyse hérités de l'entre-deux-guerres et des Trente Glorieuses.

La Fabrique de l'impuissance 1 voudrait déterminer les voies possibles d'une sortie de cette double impasse : ralliements aux impératifs du capital ou défense du statu quo. Pour ce faire, il interroge les conditions de la décomposition du bloc politique et culturel que désignait naguère l'expression de "peuple de gauche", il propose une critique du thème de "la lepénisation des esprits", ainsi qu'une analyse des modes d'intervention des intellectuels français dans le débat politique.Ce livre voudrait de la sorte contribuer à la saisie par "la gauche de gauche" des possibilités actuelles de relance du mouvement vers "l'égaliberté" au-delà du compromis incarné par l'État social des Trente Glorieuses.

Pour en savoir plus sur
Charlotte Nordmann, La Fabrique de l'impuissance 2, L'école, entre domination et émancipation
(Editions Amsterdam, coll. Démocritique, Paris, 2007),
cliquez ici.
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